Si on se rend dans une école primaire d'un pays en développement, on y trouvera surtout des garçons. Les facteurs qui expliquent cette fin précoce des études des filles, est sans doute la pauvreté. Cotisations diverses, uniformes, livres, trajets en bus peuvent rendre l'école onéreuse, même quand l'enseignement est gratuit. La situation devient plus dificile quand la famille compte beacoup d'enfants. Cette famille, lorsqu'elle considére l'aide que peut apporter une fille pour le ménage, la cuisine, la collecte d'eau et de bois, le soin aux enfants, et combien minces sont les chances qu'aura cette fille de trouver un travail rémunérateur, même si elle achève ses études, risque fort de juger que le jeu n'en vaut pas la chandelle. C'est la raison pour laquelle, les filles ne restent pas longtemps à l'école. Même pour celles qui y restent, le fardeau du travail domestique interfère avec les progrés scolaires.
Pour empêcher les filles d'aller à l'école, les facteurs traditionnels se joignent à la pauvreté. Le plus influent étant sans doute l'idée selon laquelle, il faut donner de l'instruction aux garçons, parce qu'ils auront à gagner le pain de leur famille et à soutenir leurs vieux parents. On considère que le travail des filles, a moins de chances d'apporter de l'argent au foyer. En outre, dans les cultures ou le mariage assimile la femme à la famille du mari, les parents sont moins tentés de payer une éducation aux filles.
Pourtant si on les interroge, certaines familles pauvres disent qu'elles voudraient voir leurs filles instruites. Beaucoup de jeunes filles restent chez elles, non pas en raison de la pauvreté ou de l'intransigeance culturelle des parents, mais parce que ceux-ci ne jugent pas appropriée l'éducation offerte à leurs filles, ou parce qu'ils estiment les risques trop importants. Ces risques sont réels: harcélements sexuel, viol ... Dans bien des pays, ils sont la principale raison du faible taux de scolarisation et du maintien à l'école des filles. Si les classes sont surchargées, les garçons indisciplinés et violents, beaucoup de filles se sentent menacées, et beaucoup de parents craignent pour leur sécurité. S'il n'y pas de locaux ou de classes qui leur sont réservés, si tous les enseignants sont des hommes, si l'école est trop éloignée de la maison, les filles la désertent.
Les gouvernements et les agences de développement, dans leurs décisions sur la scolarisation des filles, ne tiennent pas souvent compte des nombreux besoins, risques et craintes des enfants et de leurs familles.
Ainsi donc, comme il n'y pas une cause unique à la faiblesse du taux de scolarisation des filles, il n'y pas de réponse unique. De nombreuses tentatives sont lancées, la plupart à petite échelle et non encore évaluées. Les traits communs des expériences faites à ce jour, semblent être la création de classes ou d'écoles plus proches de la communauté, la participation des parents au fonctionnement des écoles; la formation d'un plus grand nombre d'enseignantes. De plus, un offre d'avantages financiers est accordé aux familles. Il y a aussi le développement d'un autre type d'éducation pour tenter d'enseigner à un plus grand nombre de filles, les éléments de basse de la lecture, de l'écriture, du calcul et de la vie quotidienne. Enfin une plus grande part est donnée à l'éducation préscolaire. Cela va permettre aux filles de suivre leurs cours, pendant que leurs jeunes fréres sont pris en charge.
Fatou Gaye SECK