VELINGARA: GROSESSES ET MARIAGES PRECOCES PERTURBENT LA SCOLARISATION DES FILLES

VELINGARA: GROSESSES ET MARIAGES PRECOCES  PERTURBENT LA SCOLARISATION DES FILLES
Malgré les multiples efforts consentis par les pouvoirs publics et les partenaires au développement, l'environnement scolaire n'est pas des meilleurs dans le département de Vélingara. Au manque criard d'intrants scolaires tels que les murs de clôture, les table-bancs et autres points d'eau, s'ajoute l'épineuse question des mariages forcés et des grossesses précoces qui font légion donnant. Ils constituent un sacré coup de frein à la politique du maintien des filles à l'école.
Dans ce département, les pesanteurs sociales et autres considérations culturelles constituent encore un handicap majeur au droit des jeunes filles à aller et rester à l'école, en dépit des énormes efforts de sensibilisation consentis à cet effet. Et les cas d'abandon se multiplient d'année en année. C'est ainsi que de 19 cas de grossesses enregistrés l'année dernière au lycée Chérif Samsédine Aïdara, la circonscription a hélas connu d'autres cas durant cette année scolaire en cours. Au Cem Thiankang de la commune 6 cas ont été détectés, avec comme comble de malheur des professeurs comme auteurs.
A Takoudiala, autre école tristement célèbre, le paroxysme a été atteint. Ici 16 jeunes filles du cours préparatoire au Cm2 ont été extirpées de leurs classes avant l'âge de 13 ans et données de force en mariage à des émigrés. D'où le cri de colère de la responsable départementale du Cde/Scofi. Pour Aminata Coulibaly, trop c'est trop « il faut que les pouvoirs publics réagissent tout de suite avant qu'il ne soit trop tard en prenant des mesures disciplinaires pour arrêter la saignée » a t-elle martelé.


Fatou Gaye Seck









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# Posté le jeudi 01 mai 2008 11:49

Modifié le vendredi 02 mai 2008 05:09

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# Posté le jeudi 24 avril 2008 05:52

Modifié le dimanche 27 avril 2008 13:21

POUR AVOIR REFUSE UN MARIAGE FORCE: La collégienne Mariama Baldé perd la vue devant ses copies

POUR AVOIR REFUSE UN MARIAGE FORCE: La collégienne Mariama Baldé perd la vue devant ses copies
Elle refuse un mariage forcé à un émigré pour poursuivre ses études. Mais cette mineure collégienne en classe de 3éme risque de ne pas aller loin. Ses ambitions croisent l'intransigeance de ses propres parents, qui lui imposent d'abandonner le chemin de l'école pour le foyer conjugal. La cause, Mariama Baldé pique souvent un malaise de vision. Pendant la composition, cette fille brillante, comme l'attestent les professeurs du Cem de Thiancang, n'arrive pas à voir. Et, à chaque fois qu'elle écrit son nom sur sa copie, celle-ci se clive en quatre parties. Pourtant, l'ophtalmologue dit n'avoir décelé aucun signe de maladie. Le corps professoral du collège s'inquiète.


Drôle d'histoire. Pour avoir refusé un mariage forcé afin de poursuivre ses études, une mineure du Cem Thiancang à Vélingara perd la vue devant ses copies de compositions. Mariama Baldé mineure en classe de 3éme a raté les épreuves de compositions du premier semestre, à cause de perturbations visuelles. Pourtant elle n'est pas née ainsi. Mais chaque fois qu'elle se penche sur une épreuve à l'école, elle perd momentanément la vue. Pendant que ses camarades de classe cogitaient sur leur copie de composition, la pauvre Mariama Baldé tâtonnait pour retrouver sa feuille et son stylo posés sur sa table. Elle raconte qu'elle ne voit pas si elle fixe sa copie de composition. Puis, «si cette élève écrit son nom sur sa copie, cette dernière se clive en quatre parties», raconte Abdoul Konaté, le principal du Cem de Thiancang dans la commune de Vélingara. «Je pensais que c'était une simple invention et un refus de composer. Mais les témoigna­ges d'un des professeurs surveillant m'ont rassuré que c'est une affaire réelle et même sérieuse», confesse Abdoul Konaté qui a reçu Mariama Baldé dans son bureau en présence du surveillant de la classe qui a confirmé les faits. «Lorsque Mariama Bladé m'a signifié qu'elle ne voyait pas, j'étais surpris d'entendre de tels propos d'autant plus qu'elle ouvre grandement et de façon correcte ses yeux. Aussi, cette élève qui est dominée par une trouille profonde a constaté qu'à chaque fois qu'elle écrit son adresse sur sa copie, celle-ci se déchire la seconde suivante. Personnellement, je lui ai demandé à trois reprises de changer de copies, mais rien y fait », raconte le professeur surveillant, Yankoba GAYE
Interrogée par le corps professoral qui est surpris de la nouvelle qui frappe une de leur meilleure collégienne, Mariama Baldé pointe un doigt accusateur sur ses parents qui habitent le village de Saré Yéroyel situé à 3 km de la commune de Vélingara. «Je crois certainement que c'est l'oeuvre de mes parents qui veulent, coûte que coûte me donner en mariage à un émigré alors que moi, je ne veux pas d'un époux en ce moment, car je suis à l'école et je suis encore mineure», confie Mariama Baldé, les larmes aux yeux. Selon la collégienne, ses parents l'acculent depuis longtemps pour qu'elle accepte l'émigré, qui a fini par épouser une autre camarade au collège de Thiancang. Abdoul Konaté, le principal du Cem de Thiancang raconte que cette collégienne, pourtant disciplinée et brillante, souffre de perturbations visuelles depuis le mois de décembre dernier. «Ce n'est pas la première fois que Mariama Baldé nous signale ses problèmes visuels. Au mois de décembre dernier, elle avait perdu momentanément la vue, alors qu'elle était en cours d'éducation physique et sportive. Le geste s'est répété en cours d'anglais. Ainsi, je lui ai donné un bulletin médical, lui permettant de se rendre chez l'ophtalmologue du centre de santé de Vélingara. Les résultats du diagnostic ont révélé que Mariama Baldé ne souffre d'aucun signe de mal vision. Ce qui est étonnant », indique Abdoul Konaté.

Mor talla DIOP et Fatou Gaye SECK source: Walf grand place
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 11:52

Modifié le jeudi 15 mai 2008 04:44

Portrait : Oumou Djiba Diallo

Portrait : Oumou Djiba Diallo
Oumou Diaba Diallo, 13 ans, élève en classe de 6ème au Collège
d'Education Mariama Bâ de Gorée, a retrouvée la sérénité après une
année scolaire tumultueuse. Oumou a échappé au mariage forcé.
A la veille des épreuves de l'Entrée en 6e, qui couronnent le parcours
des élèves au niveau de l'école élémentaire, le père d'Oumou avait
décidé de la donner en mariage comme ses deux soeurs aînées.
Oumou fréquentait l'école du village de Dimboly, situé à une trentaine
de kilomètre de Kédougou. Le Département de Kédougou
(récemment devenu région) est situé dans la partie Orientale du
Sénégal, à environ 800 km de la capitale Dakar. Quand le Comité
Départemental des Enseignantes pour la scolarisation des filles est
informé, il n'hésite pas et donne l'alerte. Avec le Directeur de l'école de Dimboly (à 30 km
de Kédougou), Souleymane Soumaré ils se mobilisent pour Oumou qui aujourd'hui
s'exclame encore «on peut dire que j'ai échappé bel et cela m'a fait prendre conscience
de l'importance des études ».
Oumou s'était distinguée lors des Essais départementaux de 2007. Elle était sortie
première de ces évaluations.
« Pour sauver Oumou » comme le dit la responsable départementale de la Scolarisation
des filles, Fily Cissokho une rencontre est organisée avec le père de Oumou, avec les
autorités administratives de la localité, en présence du chef du village de Dimboly. Les
responsables de l'école et le sous-préfet exposent les arguments en faveur du maintien
d'Oumou à l'école et sensibilisent les parents. A l'issue des échanges, le père de
l'adolescente s'engage à la maintenir à l'école et même à l'envoyer à Dakar, la capitale,
en cas de succès à l'Entrée en 6e.
A la fin de l'année scolaire, pour encourager les meilleurs élèves et sensibiliser les parents
d'élèves, pour la première fois, une cérémonie de remise de prix est organisée. Oumou
figure parmi les lauréates.
La solidarité s'organise autour d'Oumou lui permet de venir à Dakar, au collège Mariama
Bâ de Gorée où elle poursuit sa scolarité. Si elle s'adapte peu à peu à sa nouvelle vie, elle
reconnaît tout de même que « ses parents et son village lui manquent beaucoup ».
Oumou a échappé au mariage précoce grâce à l'intervention des membres du Comité
National des enseignantes pour la Promotion de la scolarisation des filles (CEPSCOFI) qui
a vu le jour en 1997 suite à un Forum tenu à Fatick, deux années auparavant. Avec le
soutien de nombreux partenaires dont l'UNICEF, le CNEPSCOFI vise à renforcer l'accès
et le maintien des filles à l'école.
FATOU G.S
ECK et MOR TALLA DIOP
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# Posté le vendredi 18 avril 2008 11:31

Modifié le jeudi 15 mai 2008 05:04

UNE ELEVE DE CM2 TOMBEE ENCEINTE, UNE AUTRE DONNEE EN MARIAGE.

UNE ELEVE DE CM2 TOMBEE ENCEINTE, UNE AUTRE DONNEE EN MARIAGE.
F.G est une élève en classe de CM2 à l'école primaire du quartier Médina Fall à Thies. Selon le quotidien l'AS, dans sa livraison du vendredi 18 avril 2008, cette fille est tombée en état de grossesse voilà 16 semaines. L'auteur de cette grossesse est un menuisier dont le père de l'élève avait prêté un local qui lui servait d'atelier.
Ayant appris la nouvelle, le père de F.G s'est rendu à la police pour porter plainte. Il portait, rapporte l'AS, beaucoup d'espoir sur la scolarité de sa fille qui était brillante en classe.
D'ailleurs, lorsque le maître de F.G a eu vent de la nouvelle, il en était presque malade : F.G était l'élève la plus brillante de la classe.
L'amant quant à lui, arrêté par la police, a reconnu être l'auteur de la grossesse et s'est dit prêt pour se marier avec elle. Il a avoué qu'il ne savait pas qu'il avait affaire avec une mineure qui était en classe de CM2. Il a été déféré au parquet pour détournement de mineur.
A Dahra djoloff, localité située dans le département de Linguère, une élève a été donnée en mariage. Elle s'appelle M.K. Elle est âgée de 12ans et fait la classe de CM2 à l'école Maguette Ndiaye.
Ayant constaté son absence prolongée, son maître Doudou Thiane s'est rendu à son domicile, sise au quartier Angle l'Islam pour s'enquérir de ses nouvelles. Grande a été sa surprise, lorsqu'on l'apprend que M.K a été donnée en mariage. Comme son collègue de Thiés, il était presque devenu malade car M.k était l'élève la plus brillante de sa classe. M . Thiane, qui ne veut pas perdre une si bonne élève, s'en est ouvert au comité départemental pour la promotion et la scolarisation des filles (cdepscofi) de Dahra. Avec quelques membres de cette structure, M. Thiane a sensibilisé la famille de l'élève, pour la convaincre de renoncer à ce mariage. Après quelques jours d'intenses palabres, la famille a finalement accepté un compromis : laisser la fille continuer ses études, tout en étant dans les liens du mariage.
M.K est retournée en classe et prépare bien son examen d'entrée en 6ème, au grand bonheur de son maître et de ses camarades.

Les cas de F.G et M.K ne sont pas isolés. On en rencontre souvent en milieu rural. L'on se souvient encore avec émotion du cas de cette jeune collégienne, morte l'année dernière dans des conditions dramatiques, suite à une grossesse non désirée dans le département de Vélingara.
Ces cas sont devenus tellement fréquents en zone rurale, qu'ils sont banalisés. Les enseignants de la brousse n'en parlent plus, car c'est devenu « chose normale ».
Les organisations qui luttent pour le maintien des filles à l'école devraient axer davantage leur matraquage dans ces zones là.


MOR TALLA DIOP
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# Posté le vendredi 18 avril 2008 10:52

Modifié le jeudi 08 mai 2008 12:39