Elle refuse un mariage forcé à un émigré pour poursuivre ses études. Mais cette mineure collégienne en classe de 3éme risque de ne pas aller loin. Ses ambitions croisent l'intransigeance de ses propres parents, qui lui imposent d'abandonner le chemin de l'école pour le foyer conjugal. La cause, Mariama Baldé pique souvent un malaise de vision. Pendant la composition, cette fille brillante, comme l'attestent les professeurs du Cem de Thiancang, n'arrive pas à voir. Et, à chaque fois qu'elle écrit son nom sur sa copie, celle-ci se clive en quatre parties. Pourtant, l'ophtalmologue dit n'avoir décelé aucun signe de maladie. Le corps professoral du collège s'inquiète.
Drôle d'histoire. Pour avoir refusé un mariage forcé afin de poursuivre ses études, une mineure du Cem Thiancang à Vélingara perd la vue devant ses copies de compositions. Mariama Baldé mineure en classe de 3éme a raté les épreuves de compositions du premier semestre, à cause de perturbations visuelles. Pourtant elle n'est pas née ainsi. Mais chaque fois qu'elle se penche sur une épreuve à l'école, elle perd momentanément la vue. Pendant que ses camarades de classe cogitaient sur leur copie de composition, la pauvre Mariama Baldé tâtonnait pour retrouver sa feuille et son stylo posés sur sa table. Elle raconte qu'elle ne voit pas si elle fixe sa copie de composition. Puis, «si cette élève écrit son nom sur sa copie, cette dernière se clive en quatre parties», raconte Abdoul Konaté, le principal du Cem de Thiancang dans la commune de Vélingara. «Je pensais que c'était une simple invention et un refus de composer. Mais les témoignages d'un des professeurs surveillant m'ont rassuré que c'est une affaire réelle et même sérieuse», confesse Abdoul Konaté qui a reçu Mariama Baldé dans son bureau en présence du surveillant de la classe qui a confirmé les faits. «Lorsque Mariama Bladé m'a signifié qu'elle ne voyait pas, j'étais surpris d'entendre de tels propos d'autant plus qu'elle ouvre grandement et de façon correcte ses yeux. Aussi, cette élève qui est dominée par une trouille profonde a constaté qu'à chaque fois qu'elle écrit son adresse sur sa copie, celle-ci se déchire la seconde suivante. Personnellement, je lui ai demandé à trois reprises de changer de copies, mais rien y fait », raconte le professeur surveillant, Yankoba GAYE
Interrogée par le corps professoral qui est surpris de la nouvelle qui frappe une de leur meilleure collégienne, Mariama Baldé pointe un doigt accusateur sur ses parents qui habitent le village de Saré Yéroyel situé à 3 km de la commune de Vélingara. «Je crois certainement que c'est l'oeuvre de mes parents qui veulent, coûte que coûte me donner en mariage à un émigré alors que moi, je ne veux pas d'un époux en ce moment, car je suis à l'école et je suis encore mineure», confie Mariama Baldé, les larmes aux yeux. Selon la collégienne, ses parents l'acculent depuis longtemps pour qu'elle accepte l'émigré, qui a fini par épouser une autre camarade au collège de Thiancang. Abdoul Konaté, le principal du Cem de Thiancang raconte que cette collégienne, pourtant disciplinée et brillante, souffre de perturbations visuelles depuis le mois de décembre dernier. «Ce n'est pas la première fois que Mariama Baldé nous signale ses problèmes visuels. Au mois de décembre dernier, elle avait perdu momentanément la vue, alors qu'elle était en cours d'éducation physique et sportive. Le geste s'est répété en cours d'anglais. Ainsi, je lui ai donné un bulletin médical, lui permettant de se rendre chez l'ophtalmologue du centre de santé de Vélingara. Les résultats du diagnostic ont révélé que Mariama Baldé ne souffre d'aucun signe de mal vision. Ce qui est étonnant », indique Abdoul Konaté.
Mor talla DIOP et Fatou Gaye SECK source: Walf grand place